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Les grandes banques peuvent se passer de l’économie réelle
L’impact économique de la mondialisation ? Mon collègue Vignaux a fait œuvre de pédagogie en nous brossant un portrait bref et concis du phénomène, et je reviens ici sur l’une de ses affirmations : « le danger de la spéculation est la surévaluation du poids boursier d’un produit ou d’une industrie sans qu’il y ait adéquation à la réalité. »
Alors que l’économie traditionnelle, celle de la production, peine à se remettre du choc financier de 2008, les grandes banques d’affaires, la spéculation aidant, reconstituent leurs marges en profitant des bas taux d’intérêt maintenus par les banques centrales de différents pays.
Par exemple, la toute dernière technique à la mode, le « Carry Trade », consiste à emprunter dans une monnaie à très bas taux et à prêter à un taux plafond à l’autre bout de la planète. En Inde ou en Australie, les taux supérieurs à 5% permettent de réaliser des tours de prestidigitation financiers sans être le moins du monde inquiété par les autorités. Pour gonfler leurs bilans, les grandes banques spéculatives peuvent tout à fait se passer de l’économie réelle, car leurs circuits de rémunération sont totalement déconnectés de celle-ci.








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